Il y avait autrefois un berger en Ecosse qui se rendait à période régulière en Angleterre avec du bétail, des moutons et parfois même des porcs. Il avait un très bon chien de troupeau. Un anglais qui avait vu ce chien décida de l'acheter. Il était prêt à payer ce que le berger en demanderait. Le berger lui vendit le chien cinq livres. L'anglais l'aurait payé bien plus cher si il le lui avait demandé.
Le berger regretta alors de n'avoir pas amené davantage de chiens en Angleterre. Il se disait qu'en tirant cinq livres à chaque fois qu'il en aurait vendu un, cela lui aurait rapporté bien plus que de conduire les troupeaux de vaches ou de moutons. Il commença donc à récupérer des chiens un peu partout et en eut bientôt cinq cents. Il affréta donc un bateau et les emmena à Londres. Quand il y arriva, il n'osa pas amarrer son bateau dans le port avec une telle cargaison. Il jeta donc l'ancre sur la côte. Il se rendit seul en ville pour voir si il pourrait vendre ses chiens. Il ne trouva personne qui veuille lui en acheter un : les gens n'en avaient pas besoin.
Il fit cependant la connaissance de George Buchanan. Le berger lui raconta ce qui lui arrivait. 'Bon !,' dit George. 'Je ne sais pas du tout comment ça va marcher, mais soyez tranquille, je peux peut-être vous arranger ça.'
George s'éloigna alors et se mit à crier : 'Qui veut acheter cinq cents chiens à cinq livres le chien ?'. Deux anglais passaient par là. L'un des deux dit : 'Qu'est-ce que vous racontez aujourd'hui, George ?'. L'autre dit : 'N'est-il pas astucieux ? Il ne faudrait pas grand chose de plus pour qu'on l'envoie promener en l'injuriant ! Où peut-il trouver cinq cents chiens ?' L'anglais s'apprêtait à le suivre. 'Laissons tomber !' dit l'autre. 'Non,' dit le premier, 'où peut-il trouver cinq cents chiens ? Même si il ramassait tous les chiens d'Angleterre, il ne pourrait pas en avoir cinq cents !'
L'anglais s'approcha de George Buchanan. 'Vous avez ces chiens, George?' demanda-t-il. - Oui. - Bon, je les achète. Mais vous devez me les présenter ici, à dix heures précises, demain matin. - D'accord, dit George. On se retrouve ici et je vous les amènerai.' L'anglais s'en alla. 'Allons-y maintenant,' dit George au berger, 'et que votre bateau soit ici à quai demain à dix heures du matin.'
Le lendemain, George Buchanan arriva à dix heures. Le bateau du berger était déjà amarré au quai. L'anglais arriva. Quand les écoutilles du navire furent ouvertes, les chiens s'égayèrent à droite et à gauche et disparurent pour se répandre dans toute la ville. Ils étaient plus qu'affamés et se seraient dévorés entre eux ! L'anglais dut payer les cinq cents chiens à George Buchanan, puis il envoya des gens à leur poursuite dans tout le pays pour qu'ils les tuent avant qu'ils ne dévorent tout ce qui vit en Angleterre. 'Je vous ai assez vu maintenant,' dit George au berger, 'et ne remettez plus jamais les pieds ici avec des chiens ou avec du bétail !'