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Je viens de finir « Le mystère des dieux » de Bernard Werber. La fin d’une trilogie que j’ai beaucoup aimée. Deux jours à peine pour le finir et beaucoup de questions.
Ce qui est assez incroyable avec la lecture d’un roman, c’est qu’il s’agit (comme le montre Werber justement) d’un univers infini sans limite. Prenez dix lecteurs du même ouvrage et vous aurez dix façons de donner une image aux personnages. Bien souvent, évidemment, l’auteur nous fera la description physique, voir psychologique du personnage. Cependant, l’image qui se forme en nous, nous est propre et pratiquement unique.
L’auteur nous donne un cadre, une trame, une intrigue, une histoire. Mais tout le reste n’appartient qu’à nous. L’auteur crée l’univers, monte les pièces de l’échiquier. Si nous fermons le roman avant sa fin, le jeu s’arrête ici. L’univers ne vivra pas plus loin.
Si l’auteur pose évidemment le cadre comme je l’ai dis précédemment, cet univers n’est délimité que par notre imagination. Imaginons par exemple qu’un des personnages principaux d’un roman meurt. Rien ne nous interdit finalement d’imaginer une suite, où, par un miracle divin ou tout autre chose, ce personnage reviendra à la vie. Un roman se termine rarement à la dernière page.
C’est en cela que réside le pouvoir de la lecture : en la création d’univers totalement infini, sans aucune limite.
Bien sûr, l’auteur peut tenter de nous imposer sa vision très personnelle. Tolkien par exemple, décrit énormément les choses et pourtant, la place de notre imaginaire reste assez énorme dans son œuvre.
Bien souvent, j’entends dire « J’ai adoré le roman, il a été adapté au cinéma et j’ai été déçu ». Pourquoi ? Parce que justement, dans le cas du cinéma, notre imaginaire ne s’exprime que plus difficilement. Nous sommes « voyeurs ». L’image des personnages nous y est imposée par le choix des acteurs notamment. Nous sommes déçus parce que nous avions imaginé les personnages, les contextes, les lieux, tout autrement. Il y a des exceptions à cela bien entendu.
Je prendrais mon exemple personnel du « Seigneur des anneaux ». Ce livre a marqué profondément mon imaginaire entre autres. Quand je suis allé au cinéma voir le 1er volet de la trilogie, j’ai été ému. Parce que le film allait au delà de ce que j’avais imaginé (sur certains point du moins) de l’univers de Tolkien à sa découverte. La lecture est donc une porte ouverte vers l’infini. Vers notre infini à nous.
Souvent, quand je parle de mes poèmes, je dis que je ne les aime pas. Un poème que j’aime, c’est un poème où j’ai pris un plaisir plus grand que pour les autres à écrire. Parfois, c’est la forme qui me déplaît, plus souvent le fond. Peut- être que pour moi, créateur du poème (et donc d’un univers), il est difficile de prendre la place d’un lecteur lambda.
Une fois la création du poème achevé, finalement, il ne m’appartient plus. Il appartient à vous, lecteur. Il m’arrive parfois de demander : « Alors, qu’à tu ressentis en me lisant ? ».
J’obtiens des réponses auxquelles je n’avais pas pensé parfois même des contradictions complètes à mon idée de départ.
Bien loin de m’en offusquer, je trouve cela au contraire finalement formidable parce que vous avez donné vie à cet univers à votre manière à vous. Vous avez vu le cadre, mais vous avez en dépassées les limites. Voilà un autre des plaisirs d’écrire.
Finalement, écrire pour moi se résume à trois choses : « Créer, Partager, Laisser vivre ». Le dernier point n’appartient qu’à vous, amis lecteurs.